En bref Du 5 km au Spartathlon, en passant par le trail, le triathlon et l'ekiden, chaque épreuve a sa distance, son public et ses traditions : voici l'essentiel pour t'y retrouver.
5 km et 10 km : les portes d'entrée
Le 5 km est la distance idéale pour une première course : accessible après quelques semaines d'entraînement, assez long pour avoir le goût d'une vraie course. Pour les coureurs confirmés, c'est une épreuve de vitesse : c'est court, et c'est justement pour ça que ça pique du premier au dernier mètre.
Le 10 km est un grand classique des courses sur route, souvent en ville. Premier vrai objectif pour beaucoup, terrain de chasse au record pour les autres. Assez long pour être une vraie course, assez court pour être rentré avant le brunch.
Pour qui : les débutants, et tous ceux qui veulent travailler leur vitesse.
Le semi-marathon : 21,0975 km, pas un mètre de moins
La moitié exacte du marathon. Une vraie distance d'endurance, qui demande une préparation sérieuse mais reste abordable. Souvent une étape avant le marathon, parfois un objectif en soi.
Pour qui : les coureurs réguliers qui veulent un défi long sans se lancer tout de suite dans un marathon.
Et non, les 97,5 mètres qui suivent le 21e kilomètre ne sont pas négociables. De toute façon, personne ne dit « j'ai couru 21,0975 km » : on dit « j'ai fait un semi », et ça suffit à impressionner la famille.
Le marathon : 42,195 km et une légende
Selon la légende, après la bataille de Marathon, en 490 av. J.-C., un messager grec aurait couru jusqu'à Athènes, une quarantaine de kilomètres, pour annoncer la victoire sur les Perses, avant de s'effondrer. Joli récit, mais à prendre comme une légende : il n'apparaît que chez des auteurs bien plus tardifs. Hérodote, le grand historien de ces guerres, raconte une autre course (on y revient avec l'ultra).
Le marathon tel qu'on le connaît naît aux premiers Jeux olympiques modernes, à Athènes en 1896, sur une idée du linguiste français Michel Bréal. Mais sa distance varie alors d'une édition à l'autre. Les fameux 42,195 km viennent des Jeux de Londres de 1908 : le parcours partait du château de Windsor et arrivait devant la loge royale du stade olympique. Cette distance devient officielle en 1921. Si les 195 derniers mètres te paraissent de trop, tu sais maintenant à qui penser.
Pour qui : ceux qui sont prêts à plusieurs mois de préparation. Le marathon a son propre folklore, comme « le mur », ce coup de fatigue redouté qui guette souvent les coureurs vers le 30e kilomètre.
L'ultra : quand 42 km ne suffisent plus
On appelle ultra toute course plus longue qu'un marathon : 50 km, 100 km, courses de 6, 12 ou 24 heures (on tourne sur une boucle et on compte les kilomètres), épreuves sur plusieurs jours.
L'un des plus mythiques est le Spartathlon, environ 246 km d'Athènes à Sparte. Il s'inspire du récit d'Hérodote : le messager Phidippidès, envoyé d'Athènes à Sparte pour demander de l'aide face aux Perses. À l'arrivée, la tradition veut qu'on touche le pied de la statue du roi Léonidas.
Pour qui : les coureurs expérimentés, patients, et qui aiment manger en courant. À partir d'une certaine distance, la course devient un pique-nique en mouvement, et la vraie question n'est plus « à quelle allure ? » mais « qu'est-ce qu'il y a au prochain ravito ? ».
Le trail : la distance, plus le D+
Le trail, c'est la course en pleine nature, sur sentiers et chemins, souvent en montagne ou en forêt. Une course de trail se décrit avec deux chiffres : la distance et le dénivelé positif, le « D+ », c'est-à-dire le cumul de toutes les montées. 20 km avec 1 500 m de D+ n'ont rien à voir avec 20 km sur route.
Pour comparer, les traileurs parlent de « kilomètre-effort » : on ajoute à la distance un kilomètre par tranche de 100 m de D+. Ces 20 km valent donc 35 km-effort. Tout en haut de l'échelle, l'UTMB fait le tour du Mont-Blanc par la France, l'Italie et la Suisse : environ 170 km et 10 000 m de D+.
Pour qui : les amoureux de nature, du trail court près de chez soi jusqu'à l'ultra-trail. Ici, marcher en montée est une stratégie respectée, et la vue, une excuse officielle pour s'arrêter.
Le triathlon : trois sports, un seul chrono
Natation, vélo, course à pied, enchaînés dans cet ordre, avec un chrono qui tourne aussi pendant les transitions. Les formats :
- XS, le format découverte : des distances réduites, parfait pour essayer ;
- S, ou sprint : 750 m de nage, 20 km de vélo, 5 km de course ;
- M, ou olympique : 1,5 km, 40 km, 10 km, la distance des Jeux ;
- L : 1,9 km, 90 km, 21,1 km, le format surnommé « 70.3 », soit le total des trois distances en miles ;
- XL : 3,8 km, 180 km, 42,195 km, le format qu'on appelle souvent « Ironman ».
Pour qui : les sportifs polyvalents, et tous ceux dont le vélo prend la poussière au garage. Le triathlon a une quatrième discipline officieuse : la transition, où l'on découvre qu'enfiler des chaussettes sur des pieds mouillés est un sport en soi.
Le duathlon : le triathlon au sec
Course, vélo, course : le principe du triathlon, sans la natation.
Pour qui : ceux qui veulent goûter aux enchaînements sans passer par l'eau. Idéal si ta relation avec l'eau se limite à la gourde. La deuxième course, sur des jambes qui descendent du vélo, laisse des souvenirs.
Le swimrun : nager en chaussures, courir en combinaison
On alterne plusieurs fois des portions de nage et de course, sans se changer : on nage avec ses chaussures et on court en combinaison. Né en Suède, dans l'archipel de Stockholm, il se court souvent en équipe de deux.
Pour qui : les aventuriers à l'aise en eau libre (c'est une condition, pas une option). Le seul sport où courir en combinaison néoprène n'est pas une erreur de vestiaire.
L'ekiden : le marathon à six
Un marathon en relais, à six coureurs : 5 km, 10 km, 5 km, 10 km, 5 km et 7,195 km, soit 42,195 km au total. Né au Japon, où le relais se transmet traditionnellement avec une écharpe, le tasuki.
Pour qui : les clubs, les collègues, les bandes d'amis. Dispute garantie pour savoir qui prendra les 7,195 km : trop long pour être une formalité, trop court pour s'en vanter.
Le cross-country : la boue est comprise
Une course en terrain naturel (herbe, terre, boue), souvent sur des boucles, pendant la saison d'automne et d'hiver. C'est une grande tradition des clubs d'athlétisme.
Pour qui : les coureurs de club, et tous ceux qui veulent un hiver plus vivant. Au cross, on ne rentre pas sale : on rentre avec un souvenir du terrain sur chaque mollet.
Les courses à obstacles
Une course ponctuée d'obstacles : murs à franchir, filets, passages en rampant, bassins de boue, charges à porter.
Pour qui : de la bande de copains venue s'amuser aux compétiteurs très affûtés. Tes jambes courent, tes bras grimpent, et ton t-shirt ne sera plus jamais vraiment blanc.
Le récap
| Épreuve | Distance ou format |
|---|---|
| 5 km | 5 km |
| 10 km | 10 km |
| Semi-marathon | 21,0975 km |
| Marathon | 42,195 km |
| Ultra | plus de 42,195 km (Spartathlon : environ 246 km) |
| Trail | distance + D+ (UTMB : environ 170 km et 10 000 m de D+) |
| Triathlon XS | format découverte, distances réduites |
| Triathlon S (sprint) | 750 m / 20 km / 5 km |
| Triathlon M (olympique) | 1,5 km / 40 km / 10 km |
| Triathlon L (« 70.3 ») | 1,9 km / 90 km / 21,1 km |
| Triathlon XL (« Ironman ») | 3,8 km / 180 km / 42,195 km |
| Duathlon | course / vélo / course |
| Swimrun | nage et course en alternance |
| Ekiden | 42,195 km en relais à six : 5, 10, 5, 10, 5 et 7,195 km |
| Cross-country | boucles en terrain naturel, en automne et en hiver |
| Courses à obstacles | distance variable, obstacles en prime |
Quelle que soit la distance, du 5 km au Spartathlon, il y a un mollet à louer. Et en ekiden, ça fait douze mollets pour une seule équipe.