Le lexique du coureur pour briller au ravito

VMA, D+, négative split, mur… La course à pied a son propre dialecte. Voici de quoi comprendre ce qui se raconte autour des tables du ravito, et même y placer quelques mots savants entre deux gobelets.

L'équipe Leg Up

En bref Plus d'une trentaine de mots de coureurs, de l'affûtage à la VMA, expliqués simplement (et avec un peu d'humour) pour ne plus jamais hocher la tête sans comprendre.

Avant de commencer

Tu as déjà entendu quelqu'un dire « hier j'ai fait du seuil, aujourd'hui c'est EF, et dimanche j'ai une SL avec du D+ » ? Ce n'est pas un code secret, juste du vocabulaire de coureur. Le voici, de A à V, sans jargon inutile.

D'« affûtage » à « côtes »

  • Affûtage : la période, en fin de préparation, où l'on réduit nettement le volume d'entraînement tout en gardant un peu d'intensité, pour arriver frais le jour J. La phase la plus dure du plan : il faut en faire moins, et ne pas craquer.
  • Allure : le temps mis pour parcourir un kilomètre, en minutes par kilomètre (par exemple 5 min 30 au kilomètre). À ne pas confondre avec la vitesse, en km/h. Plus le chiffre est petit, plus tu vas vite : un des rares domaines où l'on rêve de voir ses chiffres baisser.
  • Ampoule : une petite poche de liquide sous la peau, causée par les frottements. Ses meilleures amies : les chaussures neuves, les chaussettes qui plissent et les coutures mal placées. Si elle est grosse, très douloureuse ou semble s'infecter, demande conseil à un pharmacien ou à un médecin.
  • Barrière horaire : l'heure limite à laquelle il faut avoir passé un point du parcours pour avoir le droit de continuer. Très courante en trail, elle existe aussi sur route. Le seul rendez-vous de la journée où être en avance est vraiment récompensé.
  • Bilan décalé : chez Leg Up, le récapitulatif publié sur la page de la course après l'arrivée, avec les chiffres qu'aucun chronométreur ne relève : combien de mollets, d'avant-bras et de fronts ont couru, combien de kilomètres de pub ont été parcourus, quel mollet sponsorisé a été le plus rapide.
  • Cadence : le nombre de pas par minute. Ta vitesse, c'est ta cadence multipliée par la longueur de ta foulée. Simple comme une multiplication, en plus essoufflant.
  • Chicken legs : littéralement « pattes de poulet ». Le surnom affectueux des mollets fins de beaucoup de coureurs. Chez Leg Up, c'est un compliment.
  • Côtes : la séance où l'on enchaîne des montées rapides, en récupérant dans la descente au trot ou en marchant. Idéal pour travailler la force, beaucoup moins pour le moral à la cinquième répétition.

De « D+ » à « frontale »

  • D+ : le dénivelé positif, c'est-à-dire la somme de toutes les montées d'un parcours. Son jumeau, le D-, additionne les descentes. En trail, on annonce la distance et le D+ ensemble : « 30 km et 1 500 m de D+ », et tout le monde comprend que ce ne sera pas une promenade.
  • DNF : de l'anglais « Did Not Finish », l'abandon dans les résultats. Son cousin, le DNS (« Did Not Start »), désigne ceux qui n'ont pas pris le départ. Aucun des deux n'est une honte : parfois, s'arrêter est la décision la plus intelligente de la journée.
  • Dossard : le numéro qui t'identifie, à porter en général devant, bien visible, fixé avec des épingles ou un porte-dossard. Ne le plie pas, ne le cache pas sous une veste : l'organisation veut le voir, les photographes aussi.
  • Échauffement : les 10 à 20 minutes de footing tranquille, de mobilité et d'accélérations progressives avant une séance intense ou une course. Celui qu'on zappe quand on est en retard, et qu'on regrette au premier kilomètre.
  • Endurance fondamentale (EF) : l'allure facile à laquelle tu peux tenir une conversation. Elle représente l'essentiel de l'entraînement de la plupart des coureurs. Si tu peux raconter tes vacances en courant, tu y es.
  • Fartlek : un mot suédois qu'on traduit par « jeu de vitesse ». On varie librement l'allure selon le terrain et l'envie : on accélère jusqu'au lampadaire, on récupère jusqu'au banc. Le fractionné, version récréation.
  • FC max : ta fréquence cardiaque maximale, en battements par minute. Les formules toutes faites, comme « 220 moins ton âge », n'en donnent qu'une estimation grossière ; un test d'effort chez un médecin du sport la mesure vraiment.
  • Finisher : celui ou celle qui a franchi la ligne d'arrivée. Le mot est anglais, la fierté est universelle.
  • Footing : en français, une sortie à allure tranquille. Le mot a l'air anglais, mais les anglophones ne l'emploient pas dans ce sens : c'est un faux anglicisme, et un vrai plaisir.
  • Foulée : ta façon de poser le pied et d'enchaîner les pas, et par extension la longueur de chaque pas. Inutile de copier celle d'un champion : mieux vaut faire évoluer la tienne en douceur.
  • Fractionné : une séance qui alterne des portions rapides et des temps de récupération, par exemple 10 fois 400 m. Le mot qui fait briller les yeux de certains coureurs, et pâlir les autres.
  • Frontale : la lampe qu'on porte sur la tête pour courir de nuit, souvent obligatoire sur les trails longs. Vérifie la batterie avant de partir, pas au milieu de la forêt.

De « gel » à « puce »

  • Gel : un petit sachet de glucides concentrés à avaler pendant l'effort, souvent avec un peu d'eau. À tester absolument à l'entraînement : un gel inconnu le jour J, c'est une loterie pour ton estomac. Les goûts vont de « correct » à « intrigant ».
  • Lièvre : dans les courses d'élite, un coureur chargé d'imposer l'allure pendant une partie de la course, qui s'écarte souvent avant l'arrivée. Dans les courses populaires, on parle plutôt de meneur d'allure : il court pour un temps cible annoncé, souvent avec un drapeau ou des ballons, et on le suit comme un guide de montagne.
  • Mollet loué : chez Leg Up, un mollet qui porte le tatouage temporaire d'une marque le jour de la course, au prix fixé par son propriétaire, et qui rapporte une fois la preuve validée. Le seul mollet qui gagne sa vie en courant.
  • Mur (le) : le coup de fatigue brutal qui guette beaucoup de marathoniens, souvent vers le 30e kilomètre, généralement associé à l'épuisement des réserves de glycogène (les sucres stockés dans les muscles et le foie). Partir à une allure raisonnable et bien s'alimenter pendant la course aident à l'éviter, ou au moins à le rendre moins haut.
  • Négative split (ou split négatif) : courir la seconde moitié d'une course plus vite que la première. Le Graal des coureurs patients, et l'exact contraire de ce que te souffle l'excitation du départ.
  • PB / RP : « Personal Best » en anglais, record personnel en français. Ton meilleur temps sur une distance. Pas besoin d'un record du monde pour lever les bras : le tien suffit.
  • Puce : le petit transpondeur, souvent collé au dos du dossard ou attaché à la chaussure, qui enregistre ton passage sur les tapis de chronométrage. Grâce à elle, ton temps réel démarre quand tu passes la ligne, pas quand les premiers s'élancent.

De « ravito » à « VMA »

  • Ravito : le ravitaillement, la table où l'on trouve de l'eau et souvent de quoi manger. Haut lieu de gobelets écrasés et de conversations très courtes. Et, désormais, l'endroit idéal pour placer les mots de ce lexique.
  • Retour au calme : les quelques minutes de trot lent ou de marche après une séance, pour redescendre en douceur. L'équivalent sportif de ne pas claquer la porte en partant.
  • Sas : la zone de départ où les coureurs sont regroupés selon leur temps visé. Se placer dans le sas de son temps rêvé plutôt que de son temps réel, c'est l'assurance de se faire doubler toute la matinée.
  • Seuil : une intensité soutenue, souvent décrite comme « difficile mais contrôlée », au-delà de laquelle la fatigue s'accumule beaucoup plus vite. Les séances au seuil habituent le corps à tenir un effort soutenu plus longtemps. On en parle beaucoup, on en bave un peu.
  • Sortie longue (SL) : la séance la plus longue de la semaine, à allure tranquille, pilier des préparations au semi et au marathon. Elle dure longtemps, et se termine souvent par un brunch bien mérité.
  • Splits : les temps intermédiaires, au kilomètre ou par portion de course. Ta montre te les annonce, parfois avec une franchise brutale.
  • Tempo : une course continue à allure soutenue, proche du seuil, sur une durée donnée (par exemple 20 minutes). Moins dur que le fractionné, plus dur que l'endurance : un juste milieu… pas franchement confortable.
  • Trail : la course en pleine nature, sur sentiers et chemins, avec du dénivelé. On y marche dans les montées sans honte, on y mange au ravito sans culpabilité, et on rentre avec de la boue jusqu'aux genoux.
  • VMA : la vitesse maximale aérobie, celle à laquelle tu atteins ta consommation maximale d'oxygène. On ne la tient que quelques minutes, et elle sert de base pour calculer les allures de fractionné. Pour l'estimer, le demi-Cooper : courir la plus grande distance possible en 6 minutes, puis diviser cette distance en mètres par 100 pour obtenir ta VMA en km/h (1 500 m donnent 15 km/h). À faire reposé, bien échauffé, et après avis médical en cas de doute sur ta santé.

Le mot de la fin

Te voilà paré. La prochaine fois qu'on te parle de négative split au ravito du 25e kilomètre, tu pourras hocher la tête en connaissance de cause, voire placer un « fartlek » l'air de rien. Et si quelqu'un te demande pourquoi ton mollet porte un logo, tu connais désormais le terme technique.

L'équipe Leg Up Des coureurs du dimanche (et du jeudi soir) qui ont décidé que leurs mollets méritaient un salaire. On écrit le Ravito entre deux sorties longues.

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